BON ENFANT + FEFEYE

14 février 2025 • Reflektor

  • Portes • 19:30
  • 20:00 • FEFEYE
  • 21:00 • Bon Enfant

Bon Enfant

Bon Enfant, c’est un quintet aussi pluriel que ses membres et ses horizons musicaux, pour qui le rock est une passion autant qu’un mode de vie – un moteur ardent le propulse. Formé à la fin de la précédente décennie par Daphné Brissette et Guillaume Chiasson afin de s’octroyer des terrains nouveaux en marge de leurs pratiques antérieures, le groupe est rapidement complété par Etienne Côté (LUMIÈRE), Melissa Fortin et Alex Burger – et ne tarde pas à livrer un premier album homonyme qui sera célébré comme meilleur franco de l’année 2019 par Le Devoir et récompensé du Lucien de l’Album rock de l’année suivante au GAMIQ.

Affirmant d’emblée une pop aux grooves bien-allants empruntant notamment au folk-rock et au psych, la formation rapplique deux ans plus tard avec un Diorama à la palette encore plus vaste, y intégrant des aspects de musique à l’image, de disco, de hard et de glam rock – un probant assemblage qui lui vaudra le Félix de l’Album rock de l’année au gala de l’ADISQ 2022.

C’est pas long que les tournées s’enchaînent au Québec, en Europe et au Royaume-Uni – un début d’engouement global discréditant l’enjeu territorial de la langue au profit d’avoir des bonnes tounes. Façonnant un rock perméable et ouvert en évitant le pastiche toujours, le groupe persiste dans son adaptation des résonances populaires tout en faisant siennes de nouvelles niches musicales.

Aux thèmes chers et saillants d’affirmation de soi, d’amour de la musique et d’amour tout court et griffé des sonorités bariolées bien caractéristiques de Bon Enfant, Demande spéciale arrive comme un album intégral, qui fait du bien, qu’on écoute pour se faire plaisir – et qui paraîtra cet automne sous Duprince, en amont de tournées partout, tout le temps.

FEFEYE

Fefeye, c’est avant tout une ambiguïté, celle entre le premier et le second degré. Sous ses allures de variété légère et romantique se cache une profondeur, des textes sombres et un accompagnement musical travaillé, dont les sonorités contrebalancent des paroles pas forcément joyeuses mais toujours teintées de poésie.

Romain, le cœur brisé par une rupture récente, a décidé pour la première fois de chanter en français pour mieux retranscrire sa douleur et exprimer ses sentiments torturés. Les textes parlent de sujets liés à la rupture, à la souffrance amoureuse mais en restant suffisamment évasif afin que le public s’y identifie. Les chansons parlent du temps qui passe et efface les souvenirs, de l’incapacité à changer le passé, d’apprendre à oublier et à pardonner. Les sentiments comme force, les faiblesses assumées et l’ouverture à l’autre en toute sincérité sont des thèmes véhiculés par le groupe afin de questionner l’auditeur⸱e sur le fait d’assumer sa fragilité ou encore le deuil d’une relation définitivement vouée à l’échec.

La musique se veut la plupart du temps lumineuse voire optimiste. Les textes qui auraient pu paraître plombants, sont alors promesse de courage et de résilience. Sur scène tout est joué live, le but est de rester le plus flexible par rapport à l’interprétation, aux aléas du concert et du public. Les musiciens sont au service de la voix. Le chant de Romain est en première ligne pour accrocher le public tandis que les sonorités partagent certaines affinités avec la scène indé francophone (Sébastien Tellier, La Femme, Flavien Berger, Miel de montagne) et internationale (Men I trust, Porches, Blood Orange).